La Fintech 2.0 c’est pour quand ?

La Fintech 2.0 c’est pour quand ?

 

 

1ère partie – Un bref état des lieux –

 

« Si vous voulez savoir ce que seront les banques dans 10 ans, rappelez-vous les « major » du disque il y a 10 ans et ce qu’elles sont devenues aujourd’hui » Susanne Chishti –BordeauxFinTech16

 

Malgré la présence de quelques pionniers dès 2007, les Fintech ont émergé en France en 2013/2014. Venant du monde anglo-saxon, beaucoup de concepts ont été adaptés à notre marché et lancés en 2015, pour se développer véritablement en 2016. Les nouveaux services proposés répondent à des besoins du marché. Un exemple criant : les frais bancaires augmentent encore en 2017 pour la majeure partie des français, alors que ces derniers ne perçoivent pas l’amélioration du service. 15 Md€ par an, c’est le marché français des frais bancaires : un beau gâteau que les banques vont devoir partager ! (une étude OCTO passionnante à consulter )

Tout est bon dans la vache à lait..

La Vache à lait et les FinTech – Image OCTO Technology

L’émergence d’un écosystème a été confirmée par la montée en puissance d’évènements comme BordeauxFinTech en 2015, FinTechRévolution ou encore ParisFinTechForum en 2016, qui confirment lors de leurs deuxièmes éditions respectives la maturité recherchée par tous. Deux associations se sont chargées de fédérer les acteurs avec des objectifs complémentaires : FranceFinTech et FinanceParticipativeFrance.

 

La croissance est là…

Pour beaucoup elle est proche de 100% par an voire même plus ! Mais soyons réaliste : on démarre de très bas. Par rapport aux revenus du secteur traditionnel nous ne sommes pas encore à l’épaisseur du trait. Donc tout ceci est fragile : les premiers entrants ont assez rapidement obtenu du chiffre d’affaire, c’est plus long pour les nouveaux venus. D’après FrenchWeb c’est 115 M€ de CA en 2015, (mais ce classement englobe des sociétés qui n’opèrent pas vraiment dans le secteur Rentabiliweb par ex)

 

…. Mais pas (encore) la rentabilité.

Peu d’acteurs sont rentables : 5 ou 6 (sur + de 100) sont justes « break-even » mais souvent parce qu’ils ont un historique de plus de 3 ans. Il est cohérent que les Fintechs françaises en soient au cash-burning, toutefois nous le verrons plus loin, si les financements ont coulé à flot fin 2015 et début 2016, certains secteurs ont du mal à trouver du cash pour un 2ème ou 3ème tour. L’étude KPMG Q3 2016 sur le financement des FinTechs le confirme ici.

ça monte et ça descent pour les FinTech

Évolution des levées de fond pour les Fintech dans le monde – Source KPMG

Des leaders qui tirent le secteur…

Même si nous ne savons pas qui est le vainqueur par secteur, (The winer takes all), le marché s’est trouvé des « leader ». Qu’il s’agisse de Leetchi, Lendix, Unilend, Finexkap, CompteNickel, Paytop, Wiseed, Anaxago, Lemonway, MangoPay, Slimpay, Younited Credit, Hipay, …. Chaque secteur compte 1, 2 parfois 3 Fintech qui ont pris de l’avance.

Les chiffres d’affaires décollent, les stratégies de conquête du marché hexagonal avant de s’attaquer à l’Europe continentale s’affinent, les prises de parole se multiplient, on se serre les coudes devant le législateur,…

Mais il faut avoir conscience que l’on est encore tout petit et que pour se développer véritablement et durer il va falloir autre chose. Enfin il y a pléthore d’acteurs dans certains domaines du paiement ou du crowdlending, rendant nécessaire une concentration. On trouve 3 FinTech françaises dans le dernier classement KPMG des 100 meilleurs Fintech mondiales (une dans les Leading Established –Lendix – et 2 dans les Emerging stars – Leetchi et Fluo) classement complet ici.

 

… mais un secteur en quête de crédibilité…

Nous y reviendrons plus en détail dans les parties à venir mais, n’en déplaise à certains, plusieurs évènements de ces derniers mois invitent au questionnement, à la réflexion et à la remise en question :

  • Une cagnotte s’est fait reprocher de favoriser le financement du terrorisme et doit renforcer ses procédures LAB/FCT
  • Une « Néobanque » nanti l’argent de ses clients pour s’assurer son rôle d’émetteur principal chez Mastercard, bloquant l’argent des clients
  • Le défaut grimpe chez certains acteurs du le crowdlending (nous l’avions prédit publiquement) et chez une jeune Fintech une émission obligataire précède de 2 mois seulement un Redressement Judiciaire de la société financée.
  • Le défaut d’un seul promoteur fait craindre un défaut de plus de 2M€ dans le secteur du crowdfunding immobilier

 

Les Cassandre crient déjà aux excès à la fin des (ou de certaines) Fintech. Mais les difficultés (surtout pour très bien connaître certains dossiers de l’intérieur) sont l’occasion de se remettre en question et d’effectuer les corrections nécessaires au réel décollage du secteur et à son utilité pour les usagers.

 

Conclusion 1ère partie

Nous vous remercions de nous avoir lu pour cette première partie d’une série de plusieurs articles (4 au moins) sur le présent et l’avenir de la Fintech. Ils seront rassemblé à la fin sous la bannière : « Un vibrant plaidoyer pour la FinTech 2.0 ». N’hésitez pas à poster vos commentaires nous essaierons de tous les valider au plus vite.

 

Nous aborderons dans les prochaines parties les thèmes suivants :

  • Les différents secteurs de la Fintech, aujourd’hui et surtout demain
  • FinTech : beaucoup de « Fin » et peu de « Tech » : cohérent ou dangereux ?
  • Crowdfunding, crowdlending : de l’utilité du « crowd » ?
  • L’innovation, les banques et les FinTechs : difficile mariage à 3
  • La réglementation frein ou nécessité vitale ?
  • « Communication de crise » les clients attendent-ils d’une FinTech ou d’une banque le même discours?

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